La Capoeira

Art martial atypique, la capoeira est une pratique qui puise ses racines
dans la culture afro-brésilienne. Elle est née il y a 400 ans de la lutte
des esclaves pour la liberté. S'y mêlent lutte, jeu, danse, acrobaties
et musique, mais également toute une culture, un esprit festif, une
chaleur et un mode de vie. Echappant ainsi à toute tentative de
catégorisation, le seul moyen d'apprendre à la connaître est de la
pratiquer. Les instruments – berimbau, pandeiro, agogo et atabaque
– et les chants dictent le jeu des capoeiristes dans le cercle qu'ils
forment, appelé la roda, qui symbolise le monde et la liberté.
Capoeira ou la danse de la Guerre par Johann Moritz Rugendas 1835
Histoire de la capoeira
Les origines : l'esclavage
La capoeira est née au Brésil à l'époque de l'esclavage. Il est dit que pour
apprendre à se battre sans éveiller les soupçons de leurs maîtres, les esclaves
africains inventèrent cette forme de combat déguisée en danse.
De la répression à la légitimité
De 1890 à 1937, la capoeira vit sa période la plus sombre. Associée aux criminels, les malandros,
la capoeira se voit interdite par le Code pénal, et les pratiquants sont sanctionnés de peines de
prison et d'amendes...Cependant, en 1932 , Manoel dos Reis Machado, alias Mestre Bimba, cherchant
à donner à la capoeira une nouvelle image, ouvre une académie à Salvador : le "Centro Esportivo
de Cultura Fisica e Capoeira Regional". S'inspirant des autres arts martiaux, il y développe un style
de capoeira plus efficace, et l'enseigne à toutes les couches de la société. C'est en 1937, après une
démonstration devant le président Getúlio Dorneles Vargas, que Bimba voit enfin son école et la pratique
de la capoeira reconnues légalement.
Deux styles, deux maitres

Mestre Bimba
Face à la nouvelle vague représentée par la Capoeira Regional de Mestre Bimba, certains revendiquent une capoeira plus conservatrice,
plus proche de ses origines africaines. C'est Mestre Pastinha qui représentera ce style de capoeira, désormais appelé capoeira Angola pour
marquer son appartenance africaine.

Mestre Pastinha
Aujourd'hui, dans la majorité des écoles on enseigne soit la Regional, soit l'Angola, bien que certains tentent de rapprocher les deux styles,
et qu'il existe de nombreux ponts. Ainsi dans notre notre académie Geração Capoeira, on pratique la Capoeira Regional contemporaine,
où par exemple la bateria (l'orchestre) traditionnelle de Bimba(un bérimbau et deux pandeiros) se voit souvent remplacée par une
bateria d'Angola, dans laquelle on trouve deux bérimbaus supplémentaires, un atabaque et un agogo.


